Tribune – Pour un Grenelle de l’énergie en Europe

agir_ a souhaité prendre la parole sur la question de la transition énergétique et de la nécessité de traiter ces sujets, comme la recherche de nouvelles énergies, au niveau européen, pour y apporter des réponses satisfaisantes et durables.

Vous trouverez ci-après la tribune signée par nos élus sur ce sujet.

Victor Hugo disait déjà que c’était « une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain ne l’écoute pas ». Il semble désormais que la prise de conscience de l’urgence écologique soit partagée, le dernier rapport du GIEC ayant eu sur ce plan un retentissement exceptionnel à l’image des perspectives désastreuses qu’il prévoit si nous en restions à ce niveau d’action. Les derniers rapports de l’OMS font également écho à cela : les gaz à effets de serre seraient responsables du décès prématuré de 500.000 européens chaque année. Il est de notre responsabilité à tous, et particulièrement à nous, élus, d’aller plus loin pour enrayer ce qu’on ne peut se résigner à considérer comme inévitable.

Nous mesurons chaque jour, dans tous les territoires, que la question de la transition énergétique est au cœur des préoccupations de nos concitoyens. Mais les changements de comportement qu’impliquent les actions nécessaires pour répondre à cette attente sont trop souvent perçus comme punitifs. La remise en cause de nos modes de vie dans le contexte des difficultés du quotidien de tout un chacun en devient difficilement acceptable, malgré sa nécessité.

Il faut souligner le travail fait par les collectivités territoriales pour développer les modes de transport alternatifs : ces actions doivent se poursuivre et s’amplifier. Mais la seule pression fiscale ne suffira pas à éloigner de la voiture un grand nombre de nos concitoyens qui n’ont pas la possibilité, aujourd’hui, de faire autrement. Nous ne pouvons leur offrir la seule perspective d’une hausse de la fiscalité. Sans accompagnement, toute mesure écologique sera vouée à l’échec, et en voulant éteindre un incendie, nous n’aurons fait que participer à son embrasement.

Les âpres discussions actuelles sur la fiscalité des carburants ne doivent pas nous faire perdre de vue l’enjeu principal pour le long terme : celui de l’ensemble de nos consommations énergétiques. Elles ne peuvent être réduites à nos mobilités, sans quoi nous apporterions immanquablement des réponses incomplètes et insuffisantes.

C’est la raison pour laquelle nous devons engager une véritable révolution énergétique.

Énergies fossiles, nucléaire, batteries électriques ou panneaux solaires : aujourd’hui, notre modèle énergétique repose sur des pratiques qui ne sont écologiquement pas satisfaisantes parce qu’elles impactent négativement notre environnement lors de leur production ou de leur consommation. Nous devons décupler nos efforts de recherche sur les énergies renouvelables. C’est la première étape pour faire émerger au niveau européen des géants des énergies propres qui seront de formidables atouts par l’activité et les emplois qu’ils apporteront.

La rénovation énergétique est de la même manière une question cruciale. Mais, que ce soit par une meilleure isolation des bâtiments neufs ou par l’amélioration des bâtiments anciens par l’utilisation d’éco-matériaux comme le béton de chanvre par exemple, l’accompagnement via des mesures incitatives est indispensable. Là encore, développer ces activités dans le bâtiment permettrait de renforcer l’emploi local et d’assurer un plus juste équilibre dans nos territoires.

Les biocarburants sont aussi une des solutions contre l’émission de gaz à effet de serre et les particules fines. Le soutien à cette filière française doit être affirmé notamment en augmentant les taux d’incorporation, aujourd’hui trop faibles, mais aussi en travaillant avec les constructeurs automobiles pour favoriser les boîtiers de conversion.

Si cette révolution énergétique que nous appelons de nos vœux doit répondre à une urgence climatique et porter des perspectives économiques et sociales, elle doit aussi être pour nous l’occasion de renforcer notre souveraineté. Nous ne pouvons plus dépendre des superpuissances comme la Chine ou la Russie pour nous fournir en énergie. Mais, soyons lucides, nous devons changer de modèle énergétique, car la France ne sera jamais un producteur majeur de pétrole ou de gaz. Si nous voulons renforcer notre indépendance énergétique, nous devons nous-mêmes créer les énergies qui, demain, nous permettront de nous chauffer, de nous déplacer et de faire tourner notre économie.

Il est des combats que nous ne pourrons mener seuls, au regard de l’ampleur de la tâche, celui-ci en est l’exemple type : il n’y aura de réponse adaptée qu’au niveau européen. Dire que nous sommes capables de le faire dans le cadre nos frontières nationales est illusoire. En mettant en commun nos efforts de recherche, nous trouverons plus vite de meilleures solutions énergétiques dont l’industrialisation permettra de développer notre économie et de créer des emplois.

Nous, élus d’agir_la droite constructive, appelons à la mise en place d’un Grenelle de l’Énergie au niveau européen, qui devra permettre, 10 ans après le Grenelle de l’Environnement en France, de définir clairement les orientations qui permettront de répondre au défi majeur du changement climatique, d’apporter de nouvelles perspectives économiques et sociales et de renforcer notre souveraineté collective.

Le Comité National d’Action d’agir_

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